Pour être sérieux quelques minutes : Yves Michel a eu la gentillesse de nous donner son discours par écrit pour “ses” 25 ans… Un bilan très riche, et le partage est bienvenu !
Bilan

Chers amis et partenaires,
Le Souffle d’Or a été créé en 1983. Au cours de cette 25e année d’édition, je trouve intéressant de me pencher sur mon action, et la vôtre aussi, si vous êtes partants, puisque nos routes se sont croisées à un moment ou à un autre.
En quoi notre action a eu impact favorable sur l’évolution des personnes, et de notre société ? En quoi elle n’en a eu aucun ? Quels effets pervers éventuels ?
Quelles satisfactions et frustrations de notre côté ?
Quels rêves nourrissons-nous pour les temps présents ? Quels sont les enjeux actuels ?

Je vous lance donc cette invitation à partager vos propres visions, espoirs et inquiétudes. A témoigner sur vos pratiques et objectifs, et dire quel est votre bilan personnel comme professionnel. Quelles observations, tendances, nouveaux phénomènes ?…

Les éditions Le Souffle d’Or et Yves MICHEL :
« Accompagner les personnes vers davantage d’autonomie, d’accomplissement, de liberté et d’interdépendance, par de nouvelles représentations, concepts, paradigmes, témoignages et des outils pratiques. Contribuer ainsi à un changement de société. »
Tel a toujours été ma ligne éditoriale.
Référence : Le périple d’un défricheur d’idées, Yves Michel, éd Le Souffle d’Or 2003.
De mon point de vue, je dirais que :
1. au début des années 1980, les sujets du développement personnel étaient très marginaux. Le Souffle d’Or a bien contribué à les faire connaître, quelques fois par des traductions de livres: Findhorn, Shakti Gawain, Richard Moss, la relaxation, la kinésiologie, les élixirs floraux, le Dialogue Intérieur, les dépendances, le Reïki, le travail sur la voix et les sons, tout le domaine de la naissance au naturel; plus tard le Décodage Biologique des Maladies, les Constellations Familiales, le transgénérationnel, etc. Au total plus de 1,5 millions de volumes vendus, dont 470 000 Petite Voix !
2. les jeux (coffrets de cartes + livre) ont toujours accompagné les livres : les cartes des anges, le Jeu de la Transformation, les Cartes de l’Enfant Intérieur, Féminitude, les Cartes blanches de l’Inspiration, etc.
3. et les musiques de même, depuis la Liturgie Salvonne et Deuter, Kitaro, jusqu’à nos artistes d’aujourd’hui, parmi lesquels Deva Premal et … Deuter !
4. Nous avons organisé un certain nombre de manifestations : conférences, stages, Universités d’été, qui ont touché un grand nombre de personnes.
5. La presse a irrégulièrement chroniqué nos ouvrages, mais au total quand même beaucoup.
6. Notre image de marque est bonne parmi nos clients… qui restent trop peu nombreux ! J’ai toujours recherché de la rigueur et de la pédagogie auprès de mes auteurs, et j’en suis content.
7. Le prolongement par les éditions Yves Michel en 1999 est intéressant et aussi précurseur que l’a été Le Souffle d’Or dans les années 1980. Il reste encore trop confidentiel et recherche encore son lectorat.
8. Nous avons donc sensibilisé pas mal de monde et contribué à faire rentrer ces concepts et pratiques dans leur quotidien ; à faire prendre ces concepts comme références (nouveaux rayons, rubriques, slogans, pub, etc.). De nombreux confrères nous ont emboîté le pas. Il semblerait qu’une nouvelle génération qui n’a que 20 ans s’intéresse à nos domaines…
9. De nombreux partenariats, depuis les « Messagers de l’Eveil », jusqu’aux centres de stages en passant par certains magazines et confrères éditeurs. J’en suis heureux, et frustré de ne pas réaliser davantage. Ca viendra peut-être par le biais du projet « SOL », nouvelle monnaie.
10. Il faut trouver en permanence des nouveautés ! Parfois c’est un peu tyrannique et j’ai l’impression de redites, mais comme notre public se renouvelle fort, que nous sommes loin d’avoir touché toute la population, et que les formulations évoluent avec les époques, c’est un chemin de maturation. Mais cette sensation de découverte n’est plus aussi forte qu’au début. Quels nouveaux horizons ?
11. Quelques écueils ont rendu notre route cahoteuse : les dérives outrancières ou commerciales autour du Nouvel Age, terme que nous avons vite abandonné ; la peur des sectes, qui nous a collé longtemps aux basques et freiné notre rayonnement ; la concurrence un peu déloyale des majors de l’édition qui nous suivent à la trace ; etc.
12. Notre montage original éditeur + vente par correspondance, nous a permis de traverser des crises sans sombrer, mais demande beaucoup d’énergie aussi… Le Souffle d’Or a traversé des crises financières (au moins trois majeures, dont celle de 2006) grâce son équipe, au soutien inconditionnel de ses 45 associés et de centaines de clients qui ont acheté plus ou prêté de l’argent : une belle aventure ! Nos banques ont toujours joué le jeu aussi, sur la base de ma pratique de la transparence. Hélas, la rentabilité économique reste insuffisante et limite, c’est un regret et un tendon d’Achille…
13. Certains projets sont restés en germe, peut-être par mes limites en tant que gestionnaire ou par excès de prudence ? Manque de temps ? Limites culturelles françaises lorsqu’il s’agit de fédérer et mutualiser des moyens, par exemple ?
14. On a moins réussi dans les domaines de l’establishment de la santé, entre autres, face aux lobbies médico-pharma… La justice vient tout juste de mettre en examen pour « tromperie aggravée » les labos fournisseurs du vaccin anti hépatite B et ceux des hormones de croissance : mais quels efforts pour y arriver ! Quand déboulonnera-t-on l’Ordre des M. ?

A vous de compléter !

Les enjeux actuels sont d’accomplir nos finalités face aux pressions ambiantes contemporaines.

Les pressions sont les suivantes (liste non exhaustive) :
1. Notre culture judéo-chrétienne qui méprise le corps et la jouissance, valorise démesurément l’effort, la souffrance et la culpabilité, ne voit la nature que comme une ressource à piller, est conquérante, prédatrice et très machiste. Tout ceci forme un tout cohérent, un paradigme, qui a des prolongements nombreux, et dont il est difficile de s’extraire, pour, par exemple, prendre le regard d’une autre culture.
2. La position dominante, depuis le début du XXe siècle, du matérialisme consumériste, lequel a érigé en dieux :
• l’argent à n’importe quel coût (l’exploitation humaine et animale,
• le pillage des ressources, la pollution),
• l’avidité sans limites et la consommation,
• la monétarisation de toute chose, des êtres et des services,
• la chosification (réification) des êtres (humains – du joueur de football aux travailleurs, mais aussi animaux et la planète elle-même) ; qui tente d’extirper et de rendre suspecte la dimension spirituelle de la vie et de tout être, ce qui permettrait toute licence vis à vis de leur dignité.
3. La perte de pouvoir sur la dimension du temps : l’accélération de nos vies, provoquée par le système économique dans lequel la plupart d’entre nous vivons (surtout les occidentaux et leur modèle conquérant), engendre une perte de repères et des valeurs, une baisse de l’immunité physique et psychique, une malléabilité des esprits, un formatage.
4. La culture de la peur sous une multitude de formes : depuis celle des microbes jusqu’à celle de l’étranger (ou l’altérité), en passant par celle du lendemain, des sectes, des risques, de la maladie, du corps, etc. L’effet est de paralyser les personnes dans une attitude de repli sur soi et de méfiance généralisée, de les couper de leurs sensations et de leur élan de vie.
5. Comme en physique, où une pression exercée sur un corps ou un gaz a tendance à l’agréger et lui donner une forme, ces pressions ont tendance aussi à donner chez les humains une seule forme acceptée de culture, de mode de vie, agrémentée de pseudo espaces de liberté, le « politiquement socialement correct », sous peine de répressions diverses, directes ou feutrées (valorisation ou rejet de la société). Cette situation résulte en un gigantesque stress – stress qui est la principale cause de mortalité dans nos sociétés occidentales (et stress alimentaire et pollutif dans d’autres pays, qui découle directement de notre comportement). Or le stress peut se différencier en eustress et stress négatif, selon que la situation est comprise et acceptée (le défi relevé), ou inconscient et/ou subi.

Peut-être cette pression peut-elle nous donner l’opportunité de jaillir dans une nouvelle direction, échappant à la volonté qui manipule lesdites pressions ? Ou bien le tourbillon dans lequel nous sommes, et nous nous rapprochons du centre, où la vitesse s’accélère, va-t-il nous faire passer à une autre dimension ? C’est un défi.

L’enjeu semble donc aujourd’hui :
1. d’avoir une lecture de notre vie personnelle et collective,
2. et de pouvoir en faire quelque chose de positif à nos yeux et pour tous. Saurons-nous affronter les réels enjeux et nous organiser de façon à potentialiser nos forces ?
3. comment sensibiliser le maximum de personnes, transmettre nos connaissances, donner envie à assez de gens de s’impliquer socialement pour faire basculer les valeurs dominantes, faire triompher celles des « créatifs culturels » ?

C’est la mission que je me donne comme acteur sociétal, au travers de mon travail d’éditeur, mais aussi de citoyen vigilant sur le devenir de nos relations entre humains et avec les autres règnes de la nature.

De l’expression de nos point de vue, et de nos partages, nous pourrions publier une synthèse qui serait une sorte de manifeste pour les temps présents ; soit sur nos sites web, soit sous forme de livre d’Or du Souffle d’Or, ou livre blanc du développement personnel. A voir.

Qu’en dites-vous ?

Bien cordialement,
Yves MICHEL
http://www.souffledor.fr/editions/index.php